Debriefing Récolte Sucrière 2003

> Debriefing Récolte Sucrière 2003

 


La Chambre d’Agriculture de Maurice a tenu un debriefing session sur la récolte sucrière 2003 le mercredi 17 décembre 2003 au RASITC, Réduit. Cette réunion de travail, à laquelle sont conviés chaque année tous les membres de la Chambre ainsi que toutes les institutions publiques et privées du secteur sucrier, a pour objectif principal d’effectuer une analyse de la récolte qui vient de s’achever et de permettre des échanges d’informations sur certaines questions intéressant le secteur.

Hormis la présentation des résultats préliminaires de la récolte par Monsieur Jean Noël Humbert, Secrétaire Général de la Chambre, les thèmes suivants ont été abordés —

  • une analyse des facteurs climatiques ayant influencé la récolte, par le Dr Jean-Claude Autrey, Directeur du MSIRI;
  • une présentation sur les prévisions de commercialisation du sucre de la récolte 2003, par Mademoiselle Rubina Ruhee, Secrétaire du Syndicat des Sucres;
  • un état des lieux au niveau du secteur des planteurs, par Monsieur Prithiviraj Oogarah, Directeur du Farmers Service Corporation; et finalement
  • une présentation de Monsieur Harish Bundhoo, Directeur du Central Statistics Office, sur les principes sous jacents à la préparation des statistiques officielles et l’importance des estimations de la Chambre et des autres institutions agricoles dans la compilation des chiffres.

    Les principales conclusions des travaux s’établissent comme suit —

Résultats préliminaires de la récolte 2003

  • La production sucrière est d’environ 536 900 tonnes, obtenue de l’usinage d’environ 5,2 millions de tonnes de cannes à un taux d’extraction moyen pour l’île de 10,33%.

Ce résultat, bien que proche de l’estimation révisée de la Chambre au mois de juillet (540 000 tonnes), est inférieur à l’estimation initiale de 570 000 tonnes établie juste avant le début de la récolte, en mai 2003, et nettement en dessous de la récolte de 640 600 tonnes réalisée en 2001.

  • Il est constaté que le taux d’extraction moyen enregistré, soit 10,33%, a été faible comparé aux deux années précédentes qui ont été de 10,70 et 11,15 respectivement. Hormis l’année 1999 qui a été affectée par la grande sécheresse, le taux d’extraction obtenu cette année constitue le chiffre le plus bas enregistré sur les dix dernières années.
  • La production a été particulièrement mauvaise dans le centre du pays où la productivité en tonne de cannes à l’hectare a été sensiblement inférieure aux niveaux généralement obtenus dans cette région.

Ainsi, la production de canne cette année a été de 68,3 tonnes à l’hectare contre 71,6 et 84,2 pour les deux années précédentes. Même constat pour la production de sucre dans le centre du pays qui a été de seulement 7,03 tonnes à l’hectare contre 7,46 et 9,25 respectivement, pour les deux années précédentes.

  • La mauvaise récolte obtenue cette année est principalement due aux conditions climatiques très atypiques qui ont prévalu, avec une pluviométrie en dessous de la normale durant la période de croissance de la canne et supérieure à la normale durant la période de maturation.

Il est à noter que ce sont les régions centre et sud du pays qui ont été les plus affectées par ces conditions défavorables. Il ne faut pas aussi sous-estimer les effets du cyclone Gerry au mois de février et surtout ceux de la tempête tropicale Manou à quelques semaines du début de la récolte. Il est également constaté que certaines plantations situées dans la zone perhumide ont souffert d’accumulation d’eau dans les champs et que par ailleurs, l’année a été marquée par une forte incidence de la maladie yellow spot.

Secteur des planteurs

  • Durant la campagne 2003, environ 30% de la récolte, soit 1,5 millions de tonnes de cannes, a été effectué par quelques 31 700 planteurs sur une superficie totalisant 24 000 hectares.
  • Il est constaté que la productivité en tonnes de cannes à l’hectare pour les planteurs s’est améliorée de 12% par rapport à l’année dernière, passant de 58 tch à 65 tch cette année, avec une augmentation plus accentuée dans la région nord du pays (+ 29%).
  • La production de sucre sur les terres précédemment sous thé a été d’environ 12 000 tonnes comparée à 11 130 tonnes en 2002.
  • Plus de 20% des planteurs dans l’ensemble du pays, soit 6 800, sont actuellement regroupés en structures telles que les Land Area Management Units (LAMU) ou Block Management Units (BMU), permettant de faciliter les prestations offertes par les institutions de services telles que la Farmers Service Corporation et la Sugar Planters Mechanical Pool Corporation.

    Des efforts additionnels sont faits pour encourager le développement d’autres BMUs qui sont, semble-t-il, mieux adaptés que les LAMUs à la situation des planteurs à Maurice.

Il est estimé que quelques 4 000 autres planteurs se constitueront en BMUs jusqu’en 2008.

Par ailleurs, au niveau du projet d’épierrage des champs des planteurs, sur les 2 000 hectares prévus, près de 500 hectares ont déjà été complétés alors que 800 hectares sont actuellement en cours de préparation.

    Commercialisation de la récolte

  • Concernant la commercialisation de la récolte 2003, il est constaté que Maurice pourra fournir la totalité de ses engagements vis-à-vis de l’Union Européenne sous le Procotole Sucre.

    Toutefois, compte tenu du déficit de production enregistré, le pays ne serait pas en mesure de fournir la balance des livraisons prévues sous l’accord SPS alors qu’une partie de l’exportation vers le marché US serait reportée à l’an prochain. Ces éléments seront confirmés aussitôt que le chiffre de la récolte sera finalisé.

Les exportations de sucres spéciaux représenteront environ 13% du total des exportations prévues pour l’année 2003/04.

Collaboration Central Statistics Office et Crop Estimate Coordinating Committee

  • Il est constaté que l’étroite collaboration qui existe entre le Central Statistics Office et le Crop Estimate Coordinating Committee de la Chambre d’Agriculture permet d’effectuer un suivi régulier de la récolte sucrière durant l’année et de transmettre les informations requises par les milieux officiels en temps réel. Bien que la structure mise en place pour l’estimation de la production sucrière fonctionne efficacement, le facteur climatique demeure un impondérable.

     

18 décembre 2003