Discours de M. Christian Foo Kune

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Assemblée Générale Annuelle de la Chambre d'Agriculture

26 juin 2006

Discours du Président, M. Christian Foo Kune

 

Monsieur le ministre de l’Agro Industrie et de la Pêche
Madame le Senior Chief Executive du ministère de l’Agro Industrie
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions du secteur public ainsi que du secteur privé
Mesdames et Messieurs les membres de la Presse
Chers Membres
Chers Collègues

A la fin de ce mandat, il m’incombe, comme de coutume, de vous brosser le tableau des activités que nous avons poursuivies durant l’année.  Cette année n’a pas été de tout repos.  Elle a été riche en événements, elle a été témoin de tous les efforts possibles de part et d’autre, mais surtout, elle se termine sur une note particulièrement inquiétante.

J’en viens directement car elle est aujourd’hui au centre de nos préoccupations – il s’agit bien sûr d’une question qui concerne la réforme de notre industrie sucrière, réforme qui devrait lui permettre de maintenir sa compétitivité sur les marchés de demain.  Si vous le permettez, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, je souhaiterais ce matin consacrer la majeure partie de mon intervention à cette question.

Permettez-moi d’abord de vous rappeler que la première baisse de prix du sucre de 5% prévue par le nouveau régime sucrier européen nous affectera à partir du 1er juillet prochain, c'est-à-dire, dans exactement cinq jours.  Le compte à rebours tire à sa fin; il ne s’agit plus d’un événement prévisible mais d’un fait certain.

Une deuxième baisse, celle là de 17%, interviendra en octobre 2008 et la dernière de 36%, en octobre 2009, soit dans un peu plus de trois ans.  Cette chute est brutale, et aura de lourdes conséquences pour toute notre économie.  Est-il vraiment nécessaire de rappeler que le secteur sucrier couvre un rayon considérable de la vie des citoyens d’un pays où la canne à sucre est cultivée depuis bientôt quatre siècles et s’étend sur plus de 40% de son territoire.  En plus de sa contribution directe à l’économie, le sucre à Maurice représente actuellement 17% du total de nos exportations, 30% du total des revenus nets résultant de l’exportation des marchandises, et 12% de l’emploi direct et indirect.  Le secteur tient un rôle multifonctionnel important en contribuant de manière significative au développement rural, à la protection de l’environnement et à la production d’énergie renouvelable.  D’où, l’importance de notre projet de réforme de l’industrie sucrière et de sa transformation en un véritable ‘cluster’ de la canne à sucre. 

Cette réforme doit avant tout amener Maurice vers un statut de fournisseur compétitif de sucre au marché de l’Union Européenne, à court et à moyen terme.  Et cette compétitivité est devenue aujourd’hui LE droit d’entrée à payer pour accéder à un marché, désormais plus ouvert à la concurrence des PMA (pays moins avancés) dans le cadre de l’initiative EBA - Everything But Arms (tout sauf les armes).  Notre démarche devient encore plus nécessaire et plus urgente lorsque nous voyons les grands changements qui s’opèrent au niveau du secteur de la betterave et des circuits industriels et commerciaux connexes.

La création récente de Eurosugar, un conglomérat unissant les forces de ED&F Man (Royaume Uni), Nordsucker (Allemagne) et Cristal Union (France) en vue de contrôler la production, le marketing ainsi que la distribution d’environ 2,5 million de tonnes de sucre au sein de l’UE, illustre parfaitement l’orientation future à prévoir.  De même, le rachat de 51% des avoirs de Illovo par British Sugar (au travers de sa holding Associated British Foods) voit l’émergence d’un important conglomérat qui met la main sur presque 2 millions de tonnes de sucre de canne provenant des pays les plus compétitifs de la région dont l’Afrique du Sud, le Swaziland, et 4 autres pays ayant le statut de PMA (pays moins avancé) – le Malawi, la Zambie, la Tanzanie et le Mozambique.  Il ne faut pas oublier que les PMA auront un accès illimité (sans quota et sans droit de douane) au marché de l’Union Européenne à partir de 2009.  La recherche de compétitivité pour Maurice n’est plus seulement une option envisageable; elle est devenue une obligation.

Le Plan d’Action de Maurice, ou la Stratégie d’Adaptation Multi-Annuelle, est le fruit d’une réflexion approfondie sur ces nouveaux enjeux et l’impact de la réforme du régime sucrier européen sur notre industrie.  Faut-il rappeler que les efforts de modernisation et de recherche de compétitivité ne datent pas d’hier.  Depuis 1984, voire même avant, la recherche d’économies d’échelle et la valorisation de la bagasse ont été au centre de nos préoccupations et de nos actions.  Ce nouveau Plan d’Action est donc bâti sur une expérience concrète acquise au fil des années, et ses ambitions sont fondées sur de réelles possibilités de développement qu’offre le secteur.  Par ailleurs, il répond parfaitement aux impératifs d’une nouvelle politique d’ouverture et d’intégration de notre économie face à l’érosion de nos préférences. 

Ce défi se présente en même temps que l’île Maurice se doit de gérer les conséquences de deux autres chocs importants sur son économie, notamment la perte de ses préférences dans le textile et l’habillement suite au démantèlement de l’Accord Multifibre et la flambée des prix des produits pétroliers.  Compte tenu de ses multiples facettes et des nombreux avantages qu’il offre, le secteur sucrier aura un rôle prépondérant à jouer dans ce nouveau modèle de développement, à condition toutefois, que sa viabilité à long terme soit assurée.  

C’est pour cela que le Plan d’Action se doit d’être mis en oeuvre dans son intégralité et selon le calendrier établi.  Ses différentes composantes sont totalement imbriquées et ne peuvent être considérées de manière indépendante ou isolée.  Tout retard dans la mise en œuvre de l’une de ces composantes aura un impact direct sur l’ensemble du plan.  De même, ne pas mettre en œuvre certaines de ses composantes le condamnera à l’échec.

Le plan rassemble les différents acteurs de l’industrie, petits et grands planteurs, usiniers, travailleurs, et prestataires de services.  Il intègre la formation et la recherche, et il soutient l’activité des petits planteurs en proposant de nouvelles stratégies de regroupement et d’économies d’échelle.  Il tire des leçons du passé et relance certaines initiatives pour encourager davantage les planteurs à investir dans la modernisation de leurs opérations afin qu’ils puissent participer pleinement au projet de réforme et en récolter les fruits.  Le plan s’attaque enfin aux problèmes qui grèvent déjà les revenus des producteurs avant même que les effets de la baisse de prix ne se fassent sentir.  L’un des plus notoires est le prix auquel se vend le sucre sur le marché local, demeuré inchangé depuis 1992, presque 15 ans, à cause du contrôle des prix, et qui, l’an dernier, a coûté aux producteurs la somme de Rs 330 millions.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

L’effort ultime de centraliser toute l’industrie autour de seulement 4 usines d’ici 2010 n’est viable que si la valorisation de la bagasse en tant que source d’énergie est optimisée.  En effet, il faut le savoir, toute centralisation d’usine demeure une opération extrêmement coûteuse qui ne peut se réaliser que si elle intègre une dimension compétitive d’approvisionnement en énergie.  Sans cette possibilité de développer des centrales thermiques utilisant la bagasse et le charbon en période hors récolte, l’investissement additionnel en capacité de production de sucre n’est pas économiquement viable.  Par ailleurs, cette énergie à moindre coût permettra le développement et la transformation de nos usines en de véritables flexi-factories, qui seront en mesure de saisir les nouvelles opportunités offertes par le marché – sucres spéciaux, sucres industriels, éthanol, et bioplastiques et autres biocarburants. 

Permettez-moi de rappeler également que, lors de sa récente visite chez nous en mars dernier à l’occasion de la fête nationale, le Président indien, Abdul Kalam, nous avait encouragés à travailler davantage vers notre indépendance énergétique, et à nous orienter très vite vers des sources d’énergie renouvelables.  La bagasse, sous-produit du sucre, et l’éthanol, à partir de la mélasse, voire directement du sucre si les conditions de marché s’y prêtent, en sont deux exemples frappants.

Comme vous le savez déjà, l’industrie, lors des consultations pré-budgétaires en mai cette année, avait souhaité obtenir plus de clarification de la part de l’Etat sur la politique nationale de production d’énergie électrique.  Nous saluons la mise en place du High Powered Committee présidé par le Premier Ministre, en vue d’étudier davantage les implications de l’utilisation de la bagasse par rapport à d’autres combustibles.  Et nous attendons avec impatience la conclusion des travaux de ce comité et espérons que les recommandations finales de ce High Powered Committee viendront soutenir le développement et le maintien de notre industrie de la canne à sucre.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Il y a urgence.  Il nous faut rassembler toutes nos énergies pour trouver ensemble des solutions appropriées.  Il nous faut satisfaire nos marchés d’exportation dans leur totalité et ne pas faillir à notre réputation de fournisseur fiable.  Nous l’avions évoqué plus tôt – notre caractère compétitif constituera dorénavant notre droit d’entrée sur nos marchés.

Il y a urgence parce que valeur du jour, nous avons à faire face aux réalités suivantes.

Ø      Maurice bénéficiera d’un montant de 6,5 millions d’Euros seulement pour 2006 au titre de mesures d’accompagnement alors que les investissements envisagés pour cette même année s’élèvent à 95 millions d’Euros.

Ø      En 2007, le pays devrait pouvoir bénéficier d’un montant de 25 millions d’Euros de l’enveloppe globale des ACP.  Ce montant est encore une fois nettement insuffisant pour répondre aux besoins en investissements pour cette année qui se montent à 125 millions d’Euros.

Ø      De plus, il n’y a encore aucun engagement formel de la part de l’Union Européenne pour les années suivantes, si ce n’est une déclaration d’intention portant sur un montant global de 1,3 milliards d’Euros pour la période 2007-2013 pour l’ensemble des ACP, soit une moyenne de 185 millions d’Euros par an.

Ø      Alors que les plans d’adaptation soumis par les ACP les engagent sur des projets d’investissements multi-annuels, l’Union Européenne n’est ainsi toujours pas capable d’offrir aux ACP un engagement ferme de financement multi annuel.  

Ø      Au bout du compte, Maurice pourrait bénéficier d’une aide globale de 7-8 milliards de roupies au titre des mesures d’accompagnement pour la période 2007 à 2013, soit moins du tiers des besoins totaux de financement de l’industrie qui s’élèvent à environ 25 milliards, pour mener son projet de réforme à terme.  Mais elle ne dispose d’aucune garantie ferme à ce jour de l’Union Européenne portant sur le décaissement de ce montant global.  

Ce manque de visibilité prive notre industrie de la possibilité de mettre en place les plans de financement nécessaires qui lui permettraient de s’engager de plain-pied dans la réforme.  Il ne faut pas l’oublier – nous devons effectuer 87% des investissements requis avant 2010 !  Sans de solides garanties concernant la disponibilité des montants à venir, l’industrie sucrière se trouvera dans l’incapacité de mobiliser les fonds nécessaires à ces investissements.  La mise en œuvre du plan en serait sérieusement compromise. 

Compte tenu de cette situation, nous faisons un appel au gouvernement afin qu’il accorde à l’industrie les moyens nécessaires pour lui permettre de surmonter cet obstacle.  Le niveau actuel de l’endettement de l’industrie, lié à des investissements antérieurs, ne lui permet plus malheureusement de contracter de nouveaux engagements financiers sans que de solides garanties ne soient offertes en couverture des risques à encourir.  En l’absence d’une garantie multi-annuelle de financement par l’Union Européenne, Maurice devra compter sur ses propres moyens pour assurer cette garantie.  Il s’agit là d’une condition indispensable à la mise en œuvre du plan dans sa globalité.

Monsieur le Ministre, nous comptons sur votre soutien sur cette importante question.

Ceci dit, on ne peut que saluer la position adoptée par le Vice Premier Ministre et Ministre des Finances qui insiste également sur le fait que le montant des mesures d’accompagnement est, pour reprendre ses propres termes, ‘grossly inadequate’, et pour son engagement à trouver d’autres solutions de financement.  Dans ce contexte, nous nous réjouissons de la démarche entreprise par le gouvernement mauricien auprès d’autres gouvernements et auprès des institutions financières internationales visant à mobiliser une enveloppe globale de 150 milliards de roupies destinée à une restructuration en profondeur de notre économie.  Nous espérons que les montants additionnels requis pour le financement du plan multi-annuel du secteur sucrier seront alors disponibles et viendront s’ajouter aux montants obtenus au titre des mesures d‘accompagnement.

Il convient également de saluer l’initiative du gouvernement pour la mise en oeuvre d’une véritable politique de ‘empowerment’ et de valorisation de la meilleure de nos ressources, c'est-à-dire, notre population.  Dans ce contexte, le Plan d’Action de l’industrie sucrière favorise la mobilité de l’emploi dans une économie où le secteur des services est en plein essor et est demandeur de ressources additionnelles, tout en accordant les moyens et les filets de protection nécessaires pour préserver le tissu social de la nation.

Dans cette même optique, la Chambre a, depuis quelque temps déjà, proposé que des mesures incitatives soient introduites afin d’encourager l’émergence et le développement d’entreprises de contracteurs professionnels offrant des services spécialisés au secteur agricole pour des opérations telles que la préparation du sol, l’épierrage, la plantation, la fertilisation, le désherbage et la récolte, entre autres.  Cette situation, hormis le mérite d’offrir aux agriculteurs un encadrement technique et logistique efficace et plus compétitif, permettra également de créer de l’emploi dans un secteur connexe à l’agriculture.

Pour conclure sur ce chapitre, Monsieur le Ministre, nous sommes heureux de constater que nous avons un plan solide, ambitieux et consensuel qui a obtenu le soutien et les éloges de nos partenaires européens.  Deux questions capitales  doivent toutefois être traitées dans les meilleurs délais, à défaut de quoi la mise en œuvre globale du plan risque d’être sérieusement compromise : d’une part, la disponibilité des fonds complémentaires aux mesures d’accompagnement et, d’autre part, une garantie portant sur la disponibilité de la totalité du décaissement.  Nous comptons sur votre soutien le plus total ainsi que sur celui du gouvernement afin que des réponses appropriées soient trouvées à ces questions.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Au cours de l’année qui s’achève, la Chambre d’Agriculture, de concert avec d’autres institutions du secteur privé, a été invitée à participer aux travaux de nombreux comités établis par le gouvernement pour traiter de questions internationales de première importance pour notre pays.  Je ne vais citer que quelques principaux dossiers parmi tant d’autres.

D’abord, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et la tenue de la sixième conférence ministérielle à Hong Kong en décembre dernier.  Cette conférence arrive à un moment où, en plus de provoquer un impact terrible sur les pays ACP fournisseurs de sucre, la réforme du régime sucrier de l’Union Européenne est elle-même sujette à de fortes pressions pour la libéralisation du marché pour les produits agricoles.  Ce qui pourrait éroder davantage les marges de préférence dont nous bénéficions actuellement pour l’exportation de notre sucre.

Nous avons pu, à Hong Kong, préserver nos intérêts en insistant, entre autres, sur l’inclusion dans la déclaration ministérielle, de la reconnaissance des préférences de longue date, de la spécificité des petites économies et de l’aide au commerce.  Il faut maintenant que ces intentions se traduisent dans les faits.

La première échéance du 30 avril de cette année pour établir les modalités de la réforme agricole est cependant déjà passée sans que les pays membres aient pu parvenir à un accord.  Cette échéance a été repoussée à plusieurs reprises mais éventuellement, quel que soit l’accord auquel les parties parviendront, il y aura des fondamentaux qui devront être respectés en vue de préserver nos intérêts.  Maurice doit insister pour que les produits bénéficiant de préférences de longue date aient un traitement spécial et différencié spécifique, que le sucre soit classé comme produit sensible par les pays vers lesquels sont effectuées nos exportations, que la clause de sauvegarde spéciale soit maintenue et que la question de l’érosion des marges de préférence soit traitée de manière effective et opérationnelle.  Nous savons que nous pouvons compter sur le gouvernement et sur vous-même en particulier Monsieur le Ministre, pour faire avancer ce dossier vers nos intérêts communs.

Ensuite, l’Accord de Partenariat Economique (APE) qui est, en ce moment même, en train d’être négocié, dans le cadre de la configuration ESA (Eastern and Southern Africa), avec l’Union Européenne et qui doit entrer en vigueur en janvier 2008.  Lors des négociations de Cotonou en 2000, il était entendu qu’aucun pays ACP ne serait lésé par la mise en œuvre des APE.  Maurice doit ainsi veiller à ce que ce soit effectivement le cas.

En effet, lors des discussions avec les autres membres de la configuration ESA et la Commission Européenne, deux questions importantes ont surgi, notamment la mise en œuvre de la politique de développement et le statut du Protocole Sucre dans les APE.  La mise en œuvre de la politique de développement et la mise à disposition de fonds spécifiques, en amont de l’entrée en vigueur de l’accord pour la mise en œuvre des projets de développement, sont des conditions sine qua non pour que les APE puissent réussir.  Les APE ne sont pas uniquement des instruments commerciaux mais des instruments de développement, une dimension qui doit être respectée.

Le Protocole Sucre est un instrument qui a fait ses preuves depuis qu’il existe.  Pour Maurice, il était clair que les négociations portant sur les APE ne devraient en aucun cas toucher à l’intégrité du Protocole Sucre; ceci est d’ailleurs confirmé par les différents mandats de négociation, notamment celui des ACP et de l’ESA. 

S’il est vrai, qu’à ce jour, et suite au conseil des ministres des ACP en Papouasie Nouvelle Guinée il y a quelques semaines, qu’il n’y a pas de positions officielles quant à la situation du Protocole Sucre dans les négociations, c'est-à-dire, en tant qu’un accord englobant tous les pays ACP éligibles ou en tant qu’un accord intégré à l’intérieur des APE comme le voudrait la Commission Européenne, il est également vrai qu’aucun arrangement ne doit porter préjudice aux intérêts de Maurice quant à son quota sous le Protocole Sucre.

Il y a de plus actuellement des signaux inquiétants concernant la position de certains Etats membres de l’ESA vis-à-vis du Protocole Sucre.  En effet, certains pays voudraient voir la mise à plat des quantités allouées sous le Protocole Sucre et une redistribution des quotas arguant que le Protocole Sucre pourrait ne pas être compatible avec les règles de l’OMC.  C’est une ligne à ne pas franchir et Maurice doit rejeter de toutes ses forces ces positions qui mettent à mal l’intégrité même du Protocole Sucre.  D’ailleurs, Maurice a proposé une solution concrète pour la question de compatibilité avec les règles de l’OMC, qui est la consolidation à l’OMC des quantités spécifiques allouées aux pays éligibles du Protocole Sucre dans la liste de l’Union Européenne.

Il est important de signaler le fait que Maurice bénéficie de la faveur des acheteurs européens parce qu’il dispose d’un quota important; toucher à cette quantité équivaudrait à remettre en cause ce lien que nous avons tissé avec nos acheteurs.  Il  est donc clair que Maurice doit, dans les négociations sur les APE, veiller à ce que l’intégrité du Protocole Sucre soit maintenue.

Sur le plan de la coopération régionale enfin, la Chambre a continué à travailler avec le gouvernement et d’autres institutions du secteur privé à la mise en œuvre du protocole commercial de la SADC.  Dans ce contexte, la Chambre a été, avec le Syndicat des Sucres, étroitement associée à la négociation d’un accord portant sur un accès minimum de 1 500 tonnes de sucre au marché de la SACU dans le cadre de ce protocole commercial.

Je dois saluer ici le travail important accompli par le gouvernement et vous-même, Monsieur le Ministre, qui avait veillé à ce que les intérêts économiques et commerciaux de Maurice soient tenus en ligne de compte dans la formulation des politiques à différents niveaux de l’échiquier international.

Monsieur le Ministre,

Nous avons également pris bonne note que le Cabinet a récemment avalisé la nouvelle Politique Forestière Nationale, à laquelle la Chambre a activement contribué. Par ailleurs, nous comprenons qu’un comité de coordination sera prochainement constitué pour la mise en œuvre de cette nouvelle stratégie.  Je voudrais profiter de l’occasion qui m’est offerte pour faire ressortir que vous pouvez compter sur la collaboration de la Chambre pour une participation active aux travaux de ce comité.  

Enfin, dans le domaine de la diversification agricole, six établissements sucriers du sud se sont récemment regroupés afin de donner une nouvelle dimension à la production de la pomme de terre. Ce projet comprend, d’une part, la mécanisation des différentes pratiques culturales et, d’autre part, la mise sur pied d’une unité centrale de conditionnement et de marketing du produit.  Nous pensons, Monsieur le Ministre, que cette nouvelle approche, qui cadre parfaitement avec la politique prônée dans le Plan Stratégique Non Sucre, et qui dynamisera la consommation locale à travers un produit de bien meilleure qualité, saura recevoir le soutien de votre Ministère.

*****

Voilà, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, l’essentiel de mon message aujourd’hui.

Malgré les efforts importants qui ont été déployés au cours de ces dernières années, la tâche qu’il nous reste à accomplir est gigantesque et exigera du temps et beaucoup de moyens.  Pour notre part, nous vous encouragerons Monsieur le Ministre, à mettre à contribution toutes les ressources et toutes les compétences où qu’elles se trouvent et à les mobiliser vers la défense de nos intérêts économiques et politiques. A ce titre, permettez-moi de rappeler la disponibilité de nos bureaux à Londres et à Bruxelles qui travaillent régulièrement avec les missions étrangères officielles de l’Etat.  Comme toujours, la Chambre d’Agriculture continuera à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement pour forger ensemble l’avenir, et sans prendre le risque de me tromper, je crois pouvoir affirmer que l’interaction est excellente.

Permettez-moi également Monsieur le Ministre de vous féliciter pour votre prochaine nomination à la Présidence de l’ISO (International Sugar Organisation).  Nous osons espérer que la conférence de l’ISO en mai 2007 à Maurice apportera de nouvelles dimensions à notre combat.

Avant de terminer, je voudrais profiter de l’occasion qui m’est donnée pour vous remercier personnellement, Monsieur le Ministre, ainsi que le Senior Chief Executive, Madame Beegun, pour le soutien que vous avez accordé à la Chambre d’Agriculture durant l’année écoulée.  Il est également opportun de saluer le travail remarquable du Taskforce dans l’élaboration du Plan d’Action, sous la direction du Directeur de la Mauritius Sugar Authority, le Dr Rajpati.

Nos remerciements vont également à l’ensemble de vos collaborateurs ainsi qu’à vos collègues des Ministères des Finances et du Développement Economique ainsi que des Affaires Etrangères, du Commerce international et de la Coopération. 

Merci également à mes collègues du Bureau pour leur aide constante tout au cours de mon mandat et aussi à nos différents membres qui ont donné de leur temps et contribué aux divers comités de la Chambre ou qui l’ont représentée auprès de diverses autres instances au cours de cette année.

Mes remerciements vont aussi aux organisations et autres institutions qui ont aidé et soutenu la Chambre durant mon mandat et aux médias qui nous ont accordé leur généreuse collaboration.

Je voudrais également exprimer ma gratitude au personnel des Bureaux de Londres et de Bruxelles pour leur franche et totale coopération durant l’année.

Monsieur Jean-Claude Tyack, notre General Overseas Representative à Londres jusqu’à encore tout récemment, mérite une mention spéciale.  Nous tenons à souligner notre profonde reconnaissance envers notre ami Jean-Claude pour sa loyauté et son dévouement exemplaire à la cause de l’industrie sucrière mauricienne ainsi qu’au développement de l’ensemble du secteur agricole.

Enfin, à tout le personnel de la Chambre, j’adresse mes remerciements pour leur dévouement et pour leurs efforts soutenus tout au long de cette année.  Comme vous le savez déjà, notre nouveau Secrétaire Général au tout début de mon mandat, Jean Li, a quitté la Chambre d’Agriculture en janvier pour prendre la direction de la Mauritius Sugar Producers Association.  Je voudrais profiter de l’occasion pour le remercier de sa contribution et lui souhaiter plein succès dans ses nouvelles fonctions.  Nous avons donc accueilli en février, notre troisième Secrétaire Général en l’espace d’une année, Jocelyn Kwok, à qui nous ne pouvons que souhaiter de longues années bien remplies à la Chambre d’Agriculture.

Je vous remercie de votre attention.