Discours de D. Pilot 25/6/07

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CHAMBRE D'AGRICULTURE DE L'ILE MAURICE

154e Assemblée Générale Annuelle

Discours du Président

Monsieur Denis Pilot

25 juin 2007

 

Monsieur le ministre de l’Agro Industrie et de la Pêche
Madame le Senior Chief Executive du ministère de l’Agro Industrie
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions du secteur public ainsi que du secteur privé
Mesdames et Messieurs les membres de la Presse
Chers Membres de la Chambre
Chers Collègues

A la fin de ce mandat, il m’incombe, comme de coutume, de vous brosser le tableau des activités que nous avons poursuivies durant l’année, mais aussi, de relever les grandes questions que nous nous devons de résoudre afin que le secteur agricole, et par conséquent, le pays tout entier, puisse avancer vers encore plus de progrès et encore plus d’opportunités de croissance.

L’année dernière, mon prédécesseur attirait l’attention de tous sur la situation particulièrement inquiétante de l’industrie sucrière et sur l’urgence de déclencher une réforme vitale à la survie du secteur.  Aujourd’hui, malheureusement, pour les producteurs de sucre, planteurs et usiniers confondus, comme pour toutes celles et tous ceux qui dépendent de l’activité de l’industrie sucrière, on peut affirmer qu’il y a une très grande anxiété, voire un certain découragement.

J’en viens directement car elle est encore aujourd’hui au centre de nos préoccupations – je veux parler ici de la réforme.  La réforme de notre industrie sucrière, qui devrait lui permettre de maintenir sa compétitivité sur les marchés de demain et de maintenir ce pan entier et inébranlable de notre société qu’est l’activité agricole, cette réforme est aujourd’hui malheureusement au point mort. Pourtant, beaucoup d’entre nous, acteurs de cette industrie, ne demandent qu’à bouger, avancer et aller plus loin. 

Je souhaiterais donc ce matin consacrer la majeure partie de mon intervention à cette question de réforme.  Je ne vais pas trop m’attarder ici sur les facteurs externes qui menacent notre sucre car beaucoup d’informations ont déjà circulé à ce sujet, et vous-même, Monsieur le Ministre, vous avez fait plusieurs déclarations très pertinentes en public comme à l’Assemblée Nationale.

Ce qu’il nous faut retenir en fait, ce sont les modalités de transition pour l’accès de notre sucre vers le marché européen et trois échéances importantes.  En effet, l’offre de l’UE en date du 4 avril, et réaffirmée depuis à l’occasion de chacune de nos rencontres avec l’UE, propose tout bonnement et tout simplement la fin du Protocole Sucre.

Je récapitule donc le scénario qui se joue en ce moment même.

Il y a le maintien du Protocole jusqu'au 30 septembre 2009, avec un accès grandissant et accéléré pour les PMA (Pays Moins Avancés) et un accès additionnel aux pays non-PMA des ACP, les dates butoir étant :

Le 1er octobre 2009 : fin des garanties d’accès pour le sucre de Maurice et nouvelle baisse probable du prix de l’Union Européenne, au-delà des 36% initialement convenu, mais toujours garanti techniquement. 

Le 1er octobre 2012 : fin du prix garanti pour notre sucre vers l’Europe. 

Le 1er octobre 2015 : marché libre en Europe et plus aucune protection pour le sucre mauricien.

Ceci est encore une fois, Monsieur le Ministre, très alarmant.

Il est donc absolument essentiel que le projet de réforme amène Maurice au plus vite vers un statut de fournisseur compétitif de sucre au marché de l’Union Européenne, à court comme à moyen terme.  Cette compétitivité est devenu aujourd’hui LE droit d’entrée à payer pour accéder à un marché désormais plus ouvert.  D’abord à la concurrence des PMA (pays moins avancés) dans le cadre de l’initiative EBA - Everything But Arms (tout sauf les armes) qui prendraient donc préséance sur les pays comme Maurice selon l’offre de l’UE.  Celle ensuite des pays non-PMA des ACP qui bénéficieront de nouvelles quantités d’accès jusqu’en 2009.  L’Ile Maurice, dépourvue de potentiel d’accroissement de sa production, est incapable de saisir cette opportunité.  Cette concurrence déjà impressionnante se décuple avec le maintien des possibilités de SWAP, c'est-à-dire, d’importer pour sa consommation locale en vue de satisfaire ses besoins d’exportations.

La recherche de compétitivité pour Maurice est donc devenue une obligation.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Dans cette recherche de compétitivité, ici comme ailleurs, la logique économique et le maintien du progrès social ont primé sur toute autre considération.  Cette logique économique veut dire l’élimination de l’inefficience et l’augmentation du revenu unitaire.  Le progrès social recherché passe par un élargissement de la base économique et l’augmentation du niveau de vie de chaque citoyen.  Le tout se tient en un seul terme – pérennité

 Le Plan d’Action de Maurice, ou la Stratégie d’Adaptation Multi-Annuelle, est justement tout ce que je viens d’évoquer.  Il est le fruit d’une réflexion approfondie sur les nouveaux enjeux et l’impact de la réforme du régime sucrier européen sur notre industrie.  Faut-il rappeler que les efforts de modernisation et de recherche de compétitivité ne datent pas d’hier.  Depuis 1984, voire même avant, la recherche d’économies d’échelle et la valorisation de la bagasse ont été au centre de nos préoccupations et de nos actions.  Ce nouveau Plan d’Action est donc bâti sur une expérience concrète acquise au fil des années, et ses ambitions sont fondées sur de réelles possibilités de développement qu’offre le secteur.

Ce plan, qui par ailleurs, répond parfaitement aux impératifs d’une nouvelle politique d’ouverture et d’intégration de notre économie face à l’érosion de nos préférences, et qui figure en très bonne place dans la stratégie nationale de développement du pays, a été ouvertement critiqué ici à Maurice tandis qu’il recevait les éloges de l’Union Européenne.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Il faut peut-être le rappeler, ce plan a intégré les contributions de toutes les institutions du secteur, dont la Chambre d’Agriculture et votre Ministère, Monsieur le Ministre.  Je rappelle que ce plan en fait émane des mêmes institutions qui ont élaboré et animé les principales stratégies de modernisation et de rentabilisation du secteur depuis le Sugar Industry Efficiency Act de 1988 jusqu’au Roadmap de septembre 2005, en passant par le Bagasse Energy Development Plan de 1991, le Sugar Investment Trust en 1994, le Blue Print en 1997 et le Sugar Sector Action Plan 2001-2005.  Sans ces stratégies, où en serions-nous aujourd’hui ?

Le Plan d’Action se doit d’être mis en oeuvre dans son intégralité.  Ses différentes composantes sont totalement imbriquées et ne peuvent être considérées de manière indépendante ou isolée.  Tout retard dans la mise en œuvre de l’une ou l’autre de ces composantes aura un impact direct sur l’ensemble du plan.  De même, ne pas mettre en œuvre certaines de ses composantes le condamnera certainement à l’échec.

Le plan rassemble les différents acteurs de l’industrie, petits et grands planteurs, usiniers, travailleurs, et prestataires de services.  Il soutient l’activité des petits planteurs en proposant de nouvelles stratégies de regroupement et d’économies d’échelle.  Il tire des leçons du passé et relance certaines initiatives pour encourager davantage les planteurs à investir dans la modernisation de leurs opérations afin qu’ils puissent participer pleinement au projet de réforme et en récolter les fruits.  Il fait de la place pour de nouveaux arrangements participatifs entre les acteurs tout au long de la filière. 

Il convient également de le redire - le Plan d’Action de l’industrie sucrière favorise la mobilité de l’emploi dans une économie où certains secteurs sont appelés à devenir plus attrayants que d’autres et ce, au gré des cycles de croissance et de consolidation.  Le plan accorde en même temps les moyens et les filets de protection nécessaires pour préserver l’équilibre social du pays.  La Chambre a en fait, depuis quelque temps déjà, proposé que des mesures incitatives soient introduites afin d’encourager l’émergence et le développement d’entreprises de contracteurs professionnels offrant des services spécialisés au secteur agricole. Cette possibilité a le mérite d’offrir aux agriculteurs un encadrement technique et logistique efficace et plus performant.  Dans les faits, Mesdames et Messieurs, les gains de productivité possibles chez les petits planteurs ne sont pas de vains mots dans le plan d’action et on n’a pas le droit de leur nier cette avancée économique.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

L’effort ultime de centraliser toute l’industrie autour de seulement 4 usines d’ici 2010 demeure une opération extrêmement coûteuse qui ne peut se réaliser que si elle intègre une dimension compétitive d’approvisionnement en énergie supplémentaire.  Sans la possibilité de développer des centrales thermiques utilisant la bagasse et le charbon en période hors récolte, l’investissement additionnel en capacité de production de sucre n’est pas économiquement viable.  Par ailleurs, cette énergie disponible permettra le développement et la transformation de nos usines en de véritables flexi-factories, qui seront en mesure de saisir les nouvelles opportunités offertes par le marché – sucres spéciaux et sucres raffinés, éthanol, et autres biocarburants. 

Sur la notion de flexi-factory et de procédés de production intégrés, encore une fois, je vais m’appesantir sur la rationalité économique et la balance écologique.  La configuration de Maurice ne nous donne pas plus d’économies d’échelle que nos 1800 kilomètres carrés de superficie et notre million et quelque d’habitants.  Il nous faut donc optimiser notre filière de production et qui dit optimisation dit réduction des opérations intermédiaires inutiles, soit transport, transmission d’énergie électrique, ou encore, stockage d’encours, c'est-à-dire, mélasse ou le sucre roux si on est dans un procédé de production de sucre raffiné.  Or, cette intégration est aussi critiquée.  Certains proposent même de transporter toute notre mélasse jusqu’au port et d’utiliser l’huile lourde pour y produire de l’éthanol. Ceci est complètement illogique, et irrationnel.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Il y a urgence et il nous faut rassembler toutes nos forces pour trouver ensemble des solutions appropriées.  Il nous faut satisfaire nos marchés d’exportation dans leur totalité et ne pas faillir à notre réputation de fournisseur fiable.  Nous l’avions évoqué plus tôt – notre caractère compétitif constituera dorénavant notre droit d’entrée sur nos marchés.  Cette compétitivité est de plus appelée à se décliner davantage sur nos autres marchés, c’est à dire, ceux des énergies renouvelables.  En fait, la réforme, tout en préservant et en modernisant la culture de notre canne à sucre, permet la création d’un formidable portefeuille de produits présentant des caractères de compétitivité, et donc de risque, différents et offrant des taux de rentabilités différents au gré des forces du marché.

Dans le discours du Budget, le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances et du Développement Economique, a réaffirmé la viabilité de notre plan d’action.  Ce plan tant décrié a permis en même temps au gouvernement et au Premier Ministre d’œuvrer davantage afin d’obtenir de l’Union Européenne un financement accru au titre des mesures d’accompagnement.  Je ne peux m’empêcher de le redire encore une fois, Mesdames et Messieurs – la moitié de ces mêmes mesures d’accompagnement, obtenus grâce à un plan de réforme de l’industrie sucrière, ira aux autres secteurs de l’économie... !!!  L’autre moitié ira exclusivement financer le plan social de l’industrie, c'est-à-dire les départs sous le Blueprint et le VRS II, et des programmes à l’intention des petits planteurs.  Il est utile de noter que cette même part des mesures d’accompagnement représente un cinquième seulement du coût de la réforme de l’industrie sucrière.

La Chambre d’Agriculture a également noté dans le discours du Budget l’effort fait afin de permettre aux planteurs et employés de l’industrie sucrière de participer au capital de l’ensemble des activités de l’industrie.  Cette démarche d’ouverture du capital, je me permets de le rappeler, a déjà été mentionnée dans le plan d’action et la Chambre suivra donc avec attention la mise en œuvre de cette ouverture et les modalités qui y seront rattachées.

Monsieur le Ministre, en sus du manque de visibilité actuelle sur la réforme à venir, l’industrie sucrière se doit de mobiliser à temps les fonds nécessaires à ses investissements.  Le niveau d’endettement de l’industrie ne lui permet plus malheureusement de contracter de nouveaux engagements financiers sans que de solides garanties ne soient offertes en couverture des risques à encourir.  Maurice devra donc compter sur ses propres moyens pour assurer cette garantie.  Il s’agit là d’une condition indispensable à la mise en œuvre du plan dans sa globalité.  Nous comptons sur votre soutien total sur cette importante question.

Pour clore ce chapitre, Monsieur le Ministre, nous sommes heureux de réaffirmer que nous avons un plan solide, ambitieux et consensuel qui a obtenu le soutien et les éloges de nos partenaires européens.  Ce plan demeure la meilleure réponse face à tous nos défis, il demeure flexible comme tout plan fait à un certain moment dans le temps, mais je dois le dire – il ne faut pas remettre en question toute sa stratégie des flexi-factories tant la logique économique, écologique et sociale ne nous donne guère plus de choix.  Nous sommes par ailleurs confiants que dans les négociations en cours entre le gouvernement et la MSPA, le bon sens amènera les différentes parties à s’entendre et à converger vers des solutions productives, et c’est bien là la priorité de tous les agents économiques du secteur. 

Nous comptons donc sur votre soutien ainsi que sur celui du gouvernement afin que le plan d’action de l’industrie sucrière soit mis en œuvre le plus rapidement possible.  Ces derniers jours, on a vu d’abord le Tribunal d’Arbitrage Permanent rendre son verdict sur la question de la semaine de quarante heures.  Cette avancée est accueillie avec une certaine satisfaction par l’industrie car elle vient contribuer à réduire l’incertitude.  Ensuite, la presse a largement rapporté certaines informations à propos de l’étude du cabinet KPMG sur les institutions financées par le Cess Money – la Chambre souhaiterait également voir ici se réaliser enfin certains développements tant attendus.  Cependant, ce qui demeure incompréhensible à ce jour reste le prix auquel se vend le sucre sur le marché local, demeuré inchangé depuis 15 ans à cause du contrôle des prix.  L’an dernier, le sucre consommé localement a coûté au secteur, usiniers, gros planteurs et petits planteurs et autres métayers confondus, l’impressionnante somme de Rs. 473 millions, soit l’équivalent d’un manque à gagner de Rs 934 pour chaque tonne de sucre produit.  Il y a urgence de mettre en pratique les propositions déjà faites à ce sujet.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Au cours de l’année qui s’achève, la Chambre d’Agriculture, de concert avec d’autres institutions du secteur privé, a été invitée à participer aux travaux de nombreux comités établis par le gouvernement pour traiter de questions internationales de première importance pour notre pays.  Je vais citer ce matin quelques principaux dossiers parmi tant d’autres.

D’abord, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et la suspension des négociations depuis juillet de l’année dernière.  Deux papiers de Crawford Falconer, Président de la Commission sur les questions agricoles, ont récemment été circulés dans le but avoué de provoquer des réactions de la part des pays membres.  Ces papiers sont attentivement suivis par Maurice qui, comme vous le savez, défend les préférences de longue date, soutient le traitement spécial différencié et s’oppose à des baisses tarifaires trop profondes et trop rapides.

Ensuite, l’Accord de Partenariat Economique (APE) qui est, en ce moment même, en train d’être négocié, dans le cadre de la configuration ESA (Eastern and Southern Africa), avec l’Union Européenne et qui doit entrer en vigueur en janvier 2008.  Lors des négociations de Cotonou en 2000, il était entendu qu’aucun pays ACP ne serait lésé par la mise en œuvre des APE.  Maurice cependant fait face en ce moment à des pressions énormes de la part de certains des autres pays ACP comme de l’Union Européenne.  En effet, l’offre de l’UE en date du 4 avril équivaut tout bonnement à la fin du Protocole Sucre.  La réaction la plus évidente demeure l’inadéquation inévitable entre cette offre de l’UE sur le sucre et les fondements même du Protocole Sucre.

Comment en effet réconcilier un accès garanti de quantités établies qui visiblement ne le seraient plus, un prix garanti qui disparaîtrait, une obligation d’achat et d’importation de la part de l’UE qui ne tiendrait plus, et la durée indéfinie du Protocole Sucre alors que visiblement ce protocole fait face à une échéance. Dans la forme également, de nombreuses questions se posent sur la plateforme de cette offre sur le sucre; est-elle à envisager dans le cadre des négociations sur l’accès au marché, dans lequel cas elle devrait se faire dans le cadre des négociations régionales entre l’UE et les six régions du bloc ACP.  Si par contre, l’offre est faite dans le cadre de l’article 36(4) de Cotonou, comme cela devrait être le cas, alors, elle devra être reprise au niveau tout ACP. 

A un niveau plus détaillé, de nombreuses autres questions se posent sur les modalités qui seraient applicables lors de la transition pour le sucre - parmi on peut relever la mise en œuvre de la clause de sauvegarde et surtout, l’inversion de la priorité d’accès en faveur des PMA et au détriment des non-PMA, et aussi, la disparition de la notion d’acheteur de dernier recours. 

Le Protocole Sucre est un instrument qui a fait ses preuves depuis qu’il existe.  Pour Maurice, il était clair que les négociations portant sur les APE ne devraient en aucun cas toucher à l’intégrité du Protocole Sucre; ceci est d’ailleurs confirmé par les différents mandats de négociation, notamment celui des ACP et de l’ESA.  Il est également vrai qu’aucun arrangement ne doit porter préjudice aux intérêts de Maurice quant à son quota sous le Protocole Sucre. 

Je dois saluer ici le travail important accompli par le gouvernement et vous-même, Monsieur le Ministre, qui avait veillé et qui continue de le faire à ce que les intérêts économiques et commerciaux de Maurice soient tenus en ligne de compte dans la formulation des politiques à différents niveaux de l’échiquier international.  Je prends pour exemple la dernière décision de maintenir coûte que coûte les négociations sur le Protocole Sucre au niveau tout ACP, et donc, la mise sous éteignoir de certaines initiatives isolées, et donc risquées, de quelques pays au niveau des régions des APE.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs

Depuis le 1 janvier 2007, la subvention accordée sur l’électricité aux planteurs de canne à sucre pour l’irrigation de leurs cultures, a été abolie.  Il est utile de rappeler que cette mesure avait pour objectif d’encourager les agriculteurs à opter pour des systèmes d’irrigation plus efficients et consommant moins d’électricité.  A ce jour, les systèmes  performants occupent 70% de la superficie sous irrigation, ce qui fait voir que les objectifs fixés avec l’introduction de la subvention ont été en grande partie atteints.  Toutefois, les données disponibles font voir qu’il existe encore quelque 6 000 hectares sous les systèmes conventionnels.

Ainsi, la Chambre d’Agriculture a soumis une requête au ministère afin que la subvention sur l’électricité soit réintroduite mais ciblant uniquement les systèmes conventionnels. La Chambre a aussi proposé que cette subvention soit étalée sur une période définie de cinq ans afin d’inciter les producteurs à accélérer le processus de modernisation du secteur d’irrigation.  Votre soutien, Monsieur le Ministre, sera déterminant sur cette question.

Par ailleurs, sur la question de libéralisation des importations de semences de pomme de terre, en vue des développements à prévoir dans cette filière, la Chambre a soumis une requête aux autorités afin que l’importation de semences, pour la production de pomme de terre de table, soit libéralisée.  A un moment où des investissements importants sont prévus dans le secteur, il est impératif que les producteurs puissent avoir un contrôle total de toute la chaîne allant de l’acquisition des semences à la vente du produit fini.

Un comité a été mis sur pied pour se pencher sur la question et la Chambre espère que sa proposition sera retenue et entérinée par le Ministre.

Enfin, la Chambre accueille favorablement la décision du ministère de l’Agro Industrie de venir prochainement avec un plan stratégique pour le secteur non sucre qui couvrira la période 2007-2015.  Le coût de plus en plus cher des importations de produits alimentaires, la répercussion certaine des effets de la mondialisation sur nos industries locales, ainsi que la pression des consommateurs exigeant davantage de qualité, sont autant de facteurs qui doivent amener le secteur non sucre à se lancer dans une réforme en profondeur afin d’assurer sa viabilité et sa compétitivité sur le moyen à long terme.

*****

Voilà, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, l’essentiel du message que nous voulions vous transmettre aujourd’hui.

Malgré les efforts importants qui ont été déployés au cours de ces dernières années, la tâche qu’il nous reste à accomplir est gigantesque et exigera du temps et beaucoup de moyens.  Pour notre part, nous vous encouragerons Monsieur le Ministre, à mettre à contribution toutes les ressources et toutes les compétences où qu’elles se trouvent et à les mobiliser vers la défense de nos intérêts économiques et politiques. A ce titre, permettez-moi de rappeler la disponibilité de nos bureaux à Londres et à Bruxelles qui travaillent régulièrement avec les missions étrangères officielles de l’Etat.  Comme toujours, la Chambre d’Agriculture continuera à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement pour forger ensemble l’avenir, et je crois pouvoir affirmer que l’interaction est excellente.

Avant de terminer, je voudrais profiter de l’occasion qui m’est donnée pour vous remercier personnellement, Monsieur le Ministre, ainsi que le Senior Chief Executive de votre ministère, Madame Beegun, pour le soutien inconditionnel que vous avez accordé à la Chambre d’Agriculture durant l’année écoulée. 

Nos remerciements vont également à l’ensemble de vos collaborateurs, la Mauritius Sugar Authority, ainsi qu’à vos collègues des Ministères des Finances et du Développement Economique ainsi que des Affaires Etrangères, du Commerce international et de la Coopération. 

Merci également à mes collègues du Bureau pour leur aide constante tout au cours de mon mandat et aussi à nos différents membres qui ont donné de leur temps et contribué aux divers comités de la Chambre ou qui l’ont représentée auprès de diverses autres instances au cours de cette année.

Mes remerciements vont aussi aux organisations et autres institutions qui ont aidé et soutenu la Chambre durant mon mandat et aux médias qui nous ont accordé leur généreuse collaboration.

Je voudrais également exprimer ma gratitude au personnel des Bureaux de Londres et de Bruxelles pour leur franche et totale coopération durant l’année.

Enfin, à tout le personnel de la Chambre et à notre Secrétaire Général, Jocelyn Kwok, j’adresse mes remerciements pour leur dévouement et pour leurs efforts soutenus tout au long de cette année. 

 Je vous remercie de votre attention.